Compte-rendu de la journée d’études « Participation et action publique »

A l’occasion de la sortie du numéro 2012/1 « Participation et action publique », Participations, revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté a organisé une demi-journée d’études le vendredi 6 juillet 2012 de 14h à 17h à l’EHESS.

Pour discuter, dans la lignée de la réflexion engagée dans le numéro, des approches et des méthodes mobilisables pour penser les effets de la participation sur l’action publique, nous avons accueilli Anne-Cécile Douillet (Professeure de science politique, Université Lille 2- CERAPS) et Patrick Le Galès (Directeur de recherche, CEE-Sciences Po).

L’échange entre Anne-Cécile Douillet, Patrick Le Galès, les auteurs du numéro présents (Gilles Massardier, Lorenzo Barrault et Alice Mazeaud) et plusieurs membres du comité de rédaction, parmi lesquels Romain Badouard, Loic Blondiaux, Marion Carrel, Samuel Hayat Alice Mazeaud et Julien Talpin a été fructueux.

L’objectif de ce numéro, en partie issu de la journée d’études Penser les effets de la participation sur l’action publique organisée par Guy-El-Karim Berthomé, Alice Mazeaud et Marie-Hélène Sa Vilas Boas le 10 février 2011 à l’IEP d’Aix-en-Provence dans le cadre de l’atelier « La fabrique participative de l’action publique » du GIS Participation du public, décision, démocratie participative, était de réfléchir aux outils disponibles pour penser la question des effets de la participation sur l’action publique. Un des apports du numéro a été de montrer que le « tropisme procédural » des recherches sur la participation, qui consiste à ériger la mise en œuvre d’une procédure en variable explicative des effets de la participation sur l’action publique, représente précisément un obstacle à la compréhension de la façon dont la participation, entendue comme l’ensemble des mécanismes de participation des citoyens à la production de l’action publique, s’articule aux processus décisionnels. Plus largement, la lecture des articles rassemblés dans le numéro met en évidence le fait que la question des effets ne peut être pensée en dehors de celle des usages des dispositifs participatifs : il s’agit alors de souligner par là l’intérêt d’articuler plus finement l’analyse de la participation à celle de l’action publique.

Anne-Cécile Douillet et Patrick Le Galès ont l’un et l’autre indiqué que ce dialogue entre sociologie de la participation et sociologie de l’action publique était une initiative très stimulante. Ils ont alors incité à l’approfondissement des recherches, soulignant ainsi que l’étude de la participation, loin d’être un épiphénomène, pouvait nourrir la réflexion sur des questions fondamentales de la science politique (notamment celle des rapports entre démocratie et action publique), questions que la sociologie de l’action publique tend à redécouvrir. Quelles sont les articulations entre les usages des dispositifs participatifs, pointés dans le numéro, et les dynamiques de production et d’institutionnalisation d’une norme participative à l’échelle nationale ou internationale ? Comment analyser la distribution sectorielle et territoriale des expériences participatives, et par conséquent comment expliquer le fait que des pans entiers de l’action publique se tiennent apparemment à l’écart de cette norme participative ? Comment modéliser alors les effets de la participation ? Autant de chantiers de recherche qui montrent que le chantier ainsi ouvert par la sortie du numéro « Participation et action publique » gagne à être encore approfondi.

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