Dossier - Le référendum : au nom de la démocratie ?

Accord parfait ? Référendums et démocratie consensuelle en Europe

par Stefan Vospernik  Du même auteur

      Xavier Blandin  Du même auteur

Resumé

Cette contribution se propose de situer la démocratie directe sur le continuum développé par Arend Lijphart séparant la démocratie majoritaire de la démocratie consensuelle. Il propose une distinction entre référendums gouvernementaux et référendums oppositionnels fondée sur la configuration institutionnelle du référendum, son utilisation par les acteurs politiques et son résultat. La relation de ces deux types référendaires avec les deux modèles de démocratie définis par Lijphart est testée sur un échantillon de 21 États membres de l’Union européenne et 222 référendums tenus entre 1990 et 2016. L’analyse montre une importante corrélation entre le référendum oppositionnel et la démocratie consensuelle, et entre le référendum gouvernemental et la démocratie majoritaire. Ce lien est affiné au regard de trois variables institutionnelles caractérisant les deux modèles, à savoir le type de cabinet gouvernemental, le système de partis et les relations exécutif-législatif. L’article s’interroge enfin sur le système paraissant le plus propice à la démocratie directe, pour arriver à la conclusion que les référendums correspondent mieux à la démocratie consensuelle qu’à la démocratie majoritaire.

Plan de l’article
  • La démocratie directe et la mécanique des systèmes politiques : un champ peu étudié
  • Une exploration des liens entre les structures de pouvoir et les référendums
  • La mesure de la démocratie directe
  • L’analyse des systèmes politiques : une adaptation de Lijphart
  • Modèles de démocratie : un nouveau test de la théorie de Lijphart
  • Modèles de démocratie directe
  • Le modèle de Lijphart étendu à la démocratie directe
  • Conclusion et perspectives : la démocratie directe favorise-t-elle la démocratie consensuelle ’