Dossier : Handicaps et participations

Démocratie sanitaire à New York : la participation dans le contrôle judiciaire des soins psychiatriques sans consentement

par Tonya Tartour  Du même auteur

      Alexander Barnard  Du même auteur

Resumé

Les préceptes de la démocratie sanitaire sont-ils conciliables avec des soins non consentis ’ Nous étudions dans cet article les modalités de participation des patients psychiatriques pris en charge sans leur consentement dans l’État de New York, à travers un examen du travail des avocats spécialisés dans leur défense, et à partir d’un matériau empirique que constitue l’observation de plus de deux cents audiences de contrôle judiciaire des mesures de soins obligatoires. Nous montrons qu’à travers des négociations avec les équipes soignantes avant les audiences et certaines stratégies de défense au cours de l’audience, ces avocats réconcilient parfois la participation du patient dans la procédure judiciaire et sa participation dans les soins, même contraints. En revanche, dans les cas où le patient refuse les soins, l’unique possibilité de victoire sera la sortie des soins. Cet article montre les tensions et les difficultés à faire exister à la fois la participation à son parcours de soins et de justice.

Plan de l’article
  • L’avocat comme garant de la démocratie sanitaire
    • Les avocats du MHLS : un engagement par le droit
    • Éviter la tenue de l’audience : le travail « invisible » des avocats pour négocier la contrainte
  • Paroles contraintes : instrumentalisation et invisibilisation de la participation du patient-justiciable
    • Limiter les prises de parole du client pour mieux défendre ses intérêts
    • L’expertise psychiatrique au banc des accusés : une invisibilisation du patient-justiciable
  • Dévalorisation mentale et présomption de dangerosité : la stigmatisation comme outil de la sauvegarde des droits
    • La dévalorisation mentale individuelle et catégorielle érigée en système de défense
    • La présomption de dangerosité comme discrimination
  • Conclusion