Dossier : Le tirage au sort au xxie siècle

De la démocratie délibérative à la démocratie radicale ? Tirage au sort et politique au XXIe siècle

par Yves Sintomer  Du même auteur

      Marc Saint-Upéry  Du même auteur

Resumé

Cet article soutient quatre thèses principales. La première est que ces dernières décennies, deux vagues d’innovations démocratiques basées sur le tirage au sort doivent être distinguées, s’appuyant sur des dispositifs concrets partiellement différents, incarnant des dynamiques sociales variées et dotés d’horizons démocratiques distincts. Le second argument est que la logique de la première vague d’innovations démocratiques reposant sur des mini-publics choisis au hasard se distingue notablement de la dynamique du tirage au sort politique à Athènes, car elle tend vers une dynamique de démocratie délibérative plutôt qu’une dynamique de démocratie radicale. À l’inverse, les processus de tirage au sort qui ont émergé durant la deuxième vague sont plus proches de l’esprit des traditions démocratiques radicales athéniennes. Le troisième argument est normatif : ces processus de sélection aléatoire avec pouvoir décisionnel sont plus prometteurs d’une véritable démocratisation de la démocratie. Enfin, le dernier argument soutient que tout projet de législatif tiré au sort doit s’inspirer de ces considérations au moment de défendre une perspective normativement convaincante et politiquement réaliste.

Plan de l’article
  • La première vague du tirage au sort politique moderne : les mini-publics délibératifs
    • Jurys citoyens, sondages délibératifs, conférences de consensus
    • Huit caractéristiques communes
    • Le contraste avec Athènes : échantillon représentatif vs autogouvernement du peuple
  • La deuxième vague : libérer l’imagination démocratique
    • Mini-publics et démocratie directe
    • Mini-publics et démocratie participative
    • Conseils permanents tirés au sort au sein des institutions et des associations
    • Sélection aléatoire au sein des partis
    • La sélection aléatoire comme outil de démocratie radicale ’
  • Conclusion : des mini-publics au législatif tiré au sort