III. Le monde chinois

La nomination des fonctionnaires par tirage au sort en Chine à la fin de la période impériale (1594-1911)

par Pierre-Étienne Will  Du même auteur

Resumé

Le tirage au sort des affectations de fonctionnaires locaux par le ministère de la fonction publique a été institué en 1594, à la fin de la dynastie des Ming, dans un contexte d’affrontements politiques entre factions rivales. L’objectif était de mettre le choix des postes à pourvoir, dont certains étaient considérés comme plus désirables que d’autres, à l’abri des trafics d’influence et de la corruption. Saluée au départ pour son impartialité, la procédure a très vite été critiquée pour les trucages qu’elle encourageait et parce qu’elle rendait impossible la désignation de candidats adaptés aux spécificités des postes à pourvoir. L’article montre qu’en dépit de ces oppositions, le tirage au sort d’un nombre croissant de catégories de postes administratifs est resté la norme jusqu’à la fin de la dynastie des Qing en 1911. Il a en fait cessé d’être un objet de débat à partir du tournant du xviiie siècle, en partie parce que les décisions relatives aux postes les plus importants et les plus rémunérateurs ont été progressivement transférées aux gouverneurs de province. Si elle permettait effectivement de désigner des fonctionnaires ayant déjà fait leurs preuves, cette évolution n’a fait que déplacer vers les provinces le problème de la corruption. Pour sa part, le trône se réservait de pourvoir directement les postes considérés comme stratégiques.

Plan de l’article
  • L’invention du tirage au sort sous les Ming : 1594-1644
    • Création et contestation
    • Le problème de la corruption
    • Conflits politiques
    • La question de la régionalisation
    • L’impartialité contre l’efficacité ’
    • Les dernières années des Ming
  • La dynastie des Qing : routinisation et nouvelles discussions (1644-1911)
    • Changements techniques
    • Décourager les trucages ’
    • Choisir l’homme approprié
    • Les gouverneurs et le ministère
    • L’opinion japonaise et l’économie générale du système

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