Communalisme, autodétermination et autochtonie. Le municipalisme libertaire de Murray Bookchin au regard de ­­l’expérience autochtone en Bolivie et au Chili

Par Pablo Barnier-Khawam
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Au contraire de ­­l’inspiration que trouve le mouvement kurde du Rojava dans la théorie politique de Murray Bookchin, les Aymaras en Bolivie et les Mapuche au Chili ne font pas mention du communalisme dans leur mouvement politique. La reconnaissance de leur droit à ­­l’autodétermination en tant que peuples autochtones, parmi les plus importants des deux pays respectifs en termes démographiques et politiques, les lie néanmoins aux discussions que soulève le communalisme. Ces peuples proposent ainsi une formulation de ­­l’autodétermination qui ­­s’émancipe de la construction ­­d’un ­­État-­­nation pour revendiquer ­­l’autogouvernement des communautés par le biais de principes traditionnels, souvent sujets à réinvention, et leur structuration en confédération. Le parallèle avec les propositions du communalisme de M. Bookchin devient en cela saillant. Le contexte social, le plus souvent rural, et ­­l’héritage colonial de la situation des peuples autochtones met cependant en tension cette théorie et offre ainsi la possibilité de la confronter à des cas limites. Un gain en précision analytique serait alors possible, notamment par la discussion avec ­­l’anarcho-indigénisme comme courant qui trouve chez les peuples autochtones des éléments théoriques pour renforcer la théorie anarchiste.

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