Communalisme, municipalisme et stratégie de ­­l’érosion

Par Killian Martin
Français

Les théories et les pratiques communalistes contemporaines sont traversées par un débat stratégique autour ­­d’une question centrale : la prise du pouvoir municipal ­­est-­­elle ­­l’indispensable première étape de tout processus de démocratisation locale, ou ­­s’agit-il de privilégier ­­l’auto-organisation hors des institutions étatiques et le développement de communs sociaux et économiques ? Les partisan·es ­­d’une conquête des mairies sont associé·es à ­­l’étiquette municipaliste, tandis que les adeptes de la création de ­­contre-­­institutions revendiquent plus volontiers le terme de communalisme. Cet article confronte les arguments formulés par les tenants de chacune de ces options à des éléments empiriques tirés ­­d’une recherche en cours sur deux terrains français. Il défend ­­l’idée selon laquelle cette opposition théorique est souvent dépassée dans la pratique par une division du travail militant et par des interactions entre institutions étatiques et communs autonomes. Un dépassement qui peut notamment être appréhendé sous la catégorie de « stratégie de ­­l’érosion » formalisée par Erik Olin Wright, dans la mesure où il incarne à ­­l’échelle communale le dépérissement de ­­l’opposition entre anarchisme et communisme par des convergences pratiques.

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