Des usages hétérogènes et limités des données en campagne électorale en France. Analyse du cas de la campagne pour ­­l’élection présidentielle française de 2022

Par Anaïs Theviot
Français

La lecture des travaux américains sur ­­l’usage des données en campagne électorale donne à voir une controverse : certains travaux considèrent que cet usage est désormais incontournable et homogénéisé, permettant des campagnes sophistiquées et efficaces, quand ­­d’autres remettent en question les effets et ­­l’efficacité de ces outils, comparé à ce que les prestataires (ou les journalistes) prétendent être possible. ­­Qu’en ­­est-­­il de ­­l’usage des données en campagne électorale en France ? En étudiant le cas de ­­l’élection présidentielle française de 2022, nous montrons que les usages des données sont hétérogènes ­­d’une équipe de campagne à une autre, avec une importance forte accordée aux données chez Emmanuel Macron, ­­Jean-­­Luc Mélenchon ou encore Éric Zemmour, qui ont même développé en interne leurs propres outils. ­­D’autres au contraire ont délaissé cette approche par les données pour des raisons financières et de manque de compétences, ou de luttes de pouvoir entre « modernisateurs et modernisatrices » et « sceptiques ». Les usages des données sont en effet à relier aussi aux types de partis politiques et aux profils de celles et ceux qui en ont la charge.

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