Mobilisation et démobilisation par ­­l’institutionnalisation. Retour réflexif ­­d’un collectif de soutien aux étudiant·es exilé·es (2015-2023)

Par Alison Bouffet, Louise Delaporte, André Rebelo, Fred Salin, Collectif Resome
Français

Cet article propose un retour réflexif sur le collectif RESOME (2015-2023), mobilisé pour ­­l’accès des exilé·es à ­­l’enseignement supérieur français. Né en 2015, ce collectif développe une stratégie ­­d’institutionnalisation « par le bas », en contribuant au développement de programmes ­­d’apprentissage du français dans une vingtaine ­­d’établissements ­­d’enseignement supérieur et en renforçant la mise en réseau des associations qui les animent. Le succès de ce travail militant repose notamment sur les capitaux et positions des membres, qui leur permettent de devenir des interlocuteurs et interlocutrices légitimes auprès des institutions. Néanmoins, ­­l’analyse révèle le paradoxe de ce « militantisme institutionnel », qui articule volonté ­­d’efficacité de ­­l’action et critique des institutions, et qui implique plusieurs tensions : impuissance face aux politiques répressives, difficultés ­­d’inclusivité, spécialisation et affinitarisation du collectif – et ce, jusqu’à son autodissolution.

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