« Nous sommes toutes et tous migrant·es, nous sommes toutes et tous africain·es ! » Recomposer la solidarité et l’appartenance à travers un Front antifasciste en Tunisie
Cet article s’intéresse aux effets, sur le champ partisan de gauche en Tunisie, du Front antifasciste créé suite au « choc moral » causé par le discours présidentiel anti-migrant·es et anti-Noir·es du 21 février 2023. Ce discours, faisant écho aux théories européennes du grand remplacement, a déclenché une vague de violences racistes poussant les activistes du Front à briser un certain cloisonnement des luttes qui s’était érigé au cours de la décennie suivant la révolution de 2011. En explorant les émotions, les différents vécus et les divergences qui ont traversé ce mouvement, l’article analyse les façons dont les cadrages « antifasciste » et « humanitaire » de l’action du Front ont étendu sa portée. Dans un contexte postcolonial et de montée autoritaire, ce mouvement de solidarité avec les exilé·es a eu pour effet de repolitiser les migrations, l’antiracisme, ainsi que l’idée même d’appartenance à la Tunisie.
- Effets des mobilisations
- Choc moral
- Solidarité avec les exilées
- Participation observante
- Front antifasciste
- Tunisie